Donner aux jeunes l’envie de se mettre à la robotique

Donner aux jeunes l’envie de se mettre à la robotique

Les robots deviennent des «jeux pour tous», signe immanquable qu’ils prennent tranquillement leur place dans nos vies. Ainsi, des affrontements sportifs permettent en effet de rivaliser d’ingéniosité, par créations robotiques interposées, dans des joutes où une atmosphère bon enfant va de pair avec un vif esprit de compétition.

En France, ces gladiateurs nouveau genre s’affrontent par exemple dans des «Sumobot». L’action se déroule sur le «dohyo», terrain circulaire noir bordé d’une ligne blanche, et le poids comme la taille des concurrents sont strictement règlementés. Ainsi lors du sumobot de l’ESIEE, une école d’ingénieur à Noisy-le-Grand, le 25 février 2017, une arène de 77 cm de diamètre accueillait des protagonistes qui ne devaient pas dépasser 500 g ni mesurer plus de 10 cm par 10 cm.

Munies de capteurs pour localiser la ligne blanche et les adversaires, d’une pelle ou d’un pare-chocs, et animés par une programmation simple, pour assurer des temps de réponse rapides, ces machines entièrement autonomes doivent repérer leurs adversaires et les bouter hors du cercle «sous le regard inquiet et impuissant de leur créateur».

Ou de leur créatrice, pourrait-on ajouter, car le Scratina de Myriam Vépierre, dessinatrice industrielle, s’est rendu jusqu’en finale. «C’était un défi et c’était drôle : ce n’est que du système D, il faut trois fois rien pour y arriver. C’est un peu comme les legos d’aujourd’hui : ça demande de la logique, de l’assemblage et de l’imagination.»

Pour Thierry Biaujou, président de l’association de robotique Caliban, l’événement est «un projet moteur de la robotique, qui donne envie aux jeunes de s’y mettre». Et de préciser qu’une trousse pour débutants coûte une centaine d’euros... «Tout le monde peut se lancer !»  

Les Sumobot sont ouverts à tous les âges et toutes les catégories – jeunes et seniors, étudiants et débutants, pros et spécialistes –, mais il existe aussi nombre de compétitions robotiques spécifiquement destinés aux jeunes. 

Uniquement sur la scène internationale, mentionnons notamment :

  • la World Robot Olympiad (WRO), compétition qui utilise des Lego Mindstorms fabriqués par LEGO Education ;
  • le championnat de la World Educational Robot (WER) pour les 6 à 18 ans, parrainé par Abilix, qui se définit comme la première marque de robots éducatifs au monde ;
  • les compétitions de la FIRST, organisme jeunesse international dont c’est précisément la vocation. 

Si l’on sort de la catégorie jeunesse, l’on trouve déjà une pléthore de compétitions inter-robotiques : programmation, véhicules autonomes et tous-terrains, joueurs de foot et même robots pompiers et… robots artistes (si, si !). Quant à des Olympiades, eh bien on en compte déjà trois, incluant celle de la WRO !

Ces événements ont pour effet d’intégrer les robots à notre vie quotidienne et de nous habituer à côtoyer des machines qui n’existaient que dans les films de science-fiction il y a quelques décennies à peine. Pour la jeune génération, particulièrement, le fait de construire et de programmer des robots permet de les démystifier et de s’initier à leur fonctionnement. Cela ouvre la voie à une «acceptation sociale» qui deviendra essentielle au fur et à mesure que la cohabitation personnes-machines deviendra une réalité incontournable.

Luis Robert | Analyste

Photo prise lors du Championnat National Indien des «Olympiades Mondiales de Robot 2016», au stade Netaji à Kolkata les 22 et 23 octobre 2016. L’évènement était organisé conjointement par la fondation India STEM et le National Council of Science Museums (NCSM), rattaché au ministère de la culture du gouvernement indien.

Photo par: Biswarup Ganguly