Les entreprises françaises friandes d’intelligence artificielle

Les entreprises françaises friandes d’intelligence artificielle

2018 sera l’année de l’intelligence artificielle. C’est Forbes qui ouvrait le bal dès décembre avec 50 Prédictions sur l’Intelligence Artificielle (IA) en 2018, suivi par le Figaro qui voyait en 2018, une année clé pour l’Intelligence artificielle, ou tout récemment encore, France Inter qui se demandait si en 2018, il faut avoir peur de l’intelligence artificielle. Cet engouement en France (et à travers le monde) pour l’intelligence artificielle a été mis en lumière il y a quelques mois par un article paru dans le Hub Presse Microsoft France qui nous présente un état des lieux plutôt optimiste de l’intelligence artificielle en France. L'équipe Microsoft France a alors rendu public les résultats de l’étude menée par IDC sur l’intérêt porté à l’IA par les entreprises françaises.

Cette étude, réalisée sur un échantillon de 150 entreprises de plus de 500 employés, nous révèle que les entreprises françaises sont non seulement intéressées par l’IA, mais ont aussi pour la plupart (77%) prévu des déploiements de projets d’IA pour 2018.

La santé et la finance en tête de peloton

Les entreprises ne sont pas toutes sur un pied d’égalité en matière d’IA et le degré de maturité fluctue grandement en fonction du secteur d’activité. Certains secteurs sont leaders dans le domaine, comme la santé, dont 88% des entreprises ont des projets d’IA en cours. Ce secteur bénéficie grandement des avancées dans le domaine de l’IA. Les réseaux de neurones sont notamment utilisés pour l’identification des cellules cancéreuses. Therapixel, une start-up française, a par exemple développé une solution d’analyses d’images sans contact en salle d’opération ainsi qu’une solution pouvant faciliter la détection du cancer du sein.

Le secteur financier, notamment à travers les banques et les assurances, fait aussi partie des adopteurs précoces. Que ce soit pour analyser les fluctuations du marché boursier ou pour estimer la capacité de remboursement d’un client, la fouille de données et les modèles prédictifs qui en découlent permettent de réduire considérablement les risques pour nos banquiers et nos assureurs. En ce sens, la start-up française Prevision.io propose une solution de machine learning pouvant construire des modèles prédictifs. Les domaines d’application sont divers et variés, avec notamment la santé, les assurances, le commerce ou encore l’énergie. 

D’autres secteurs par contre, comme les ressources humaines ou le secteur du commerce, demeurent beaucoup plus en retrait. Il semblerait que ces entreprises recherchent encore aujourd’hui des cas d’usage à l’IA, d’où le nombre de « Proof of Concept » initiés par celles-ci. 28% des entreprises affirment avoir des PoC en cours et 72% parlent d’un budget moyen de 318 millions d’euros alloué à ces projets. On peut donc s’attendre à une adoption rapide et un alignement de l’ensemble des secteurs en matière d’IA durant les prochaines années.

Les entreprises perçoivent l’IA comme un facilitateur et 46% d’entre elles sont confiantes que l’IA leur permettra d’améliorer leur capacité d’innovation et de mieux exploiter leurs données. Cela leur permettra d’optimiser leurs processus internes, notamment via l’automatisation des tâches répétitives, d’affiner leur stratégie de développement et à terme de pouvoir augmenter leur chiffre d’affaires. Selon une étude réalisée par le cabinet de conseil Accenture, la productivité des entreprises pourrait augmenter de 40% d’ici 2035 grâce à l’intelligence artificielle.

Malgré la passivité de certains acteurs du monde socioprofessionnel en matière d’IA, on peut s’attendre à ce que d’autres secteurs avant-gardistes dans le domaine, tels que la finance ou la santé, agiront comme catalyseur au développement de l’IA en France. La démocratisation de l’IA arrive à grand pas et l’initiative « France is AI » recense presque 300 start-ups tricolores innovantes dans le domaine de l’IA.  

Ashwin Jugurnauth | Analyste